Il était là, immobile ; comme s’il m’attendait.
Je m’approchai de lui, lentement, pour apprécier chacun de mes pas.
Il était d’un blanc pâle et on aurait dit qu’il brillait sous les quelques rayons de soleil que laissaient apparaître mes volets clos. Je l’effleurai du bout des doigts, ce qui déclencha en moi des frissons de désir. Je voulais jouer avec lui; je voulais qu’il se plie à moi.
Je posai mes mains dessus, établissant le contacte que j’attendais.
Je m’imprégnai de lui, laissant vagabonder mes mains de gauche à droite pour mieux apprécier notre union. Je repassais plusieurs fois mes mains aux mêmes endroits, laissant sur lui quelques traces de sueur. Plus je me collais à lui, plus la vigueur et la rapidité de mes mouvements s’accéléraient ; A chaque fois que j’appuyais un peu plus fort, il émettait un son, un cri, plus grave et prenant.
Après ce moment délicieux passé à ne faire plus qu’un avec lui, je laissai mes mains le toucher librement ; le caresser. Sous mes doigts, je sentais des éraflures et des égratignures, traces du passé.
Puis, reposée, je recommençais les mêmes mouvements qu’au début, avec encore plus d’acharnement et de plaisir à le voir accomplir tout ce que je désirais.
Puis, fatiguée, je m’en allai, le laissant seul. « Il attendra jusqu’à demain. » Je jetai un dernier regard, à cette nouvelle chose qui est apparue dans ma vie ; à mon nouveau piano d’un blanc pâle.
Parce que quand on fouille dans les vieux CD à ses parents, on tombe sur des truc coule : Zion Train - Bob Marley
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